Cervantes

Hoy es el día más hermoso de nuestra vida, querido Sancho; los obstáculos más grandes, nuestras propias indecisiones; nuestro enemigo más fuerte, el miedo al poderoso y a nosotros mismos; la cosa más fácil, equivocarnos; la más destructiva, la mentira y el egoísmo; la peor derrota, el desaliento; los defectos más peligrosos, la soberbia y el rencor; las sensaciones más gratas, la buena conciencia, el esfuerzo para ser mejores sin ser perfectos, y sobretodo, la disposición para hacer el bien y combatir la injusticia dondequiera que esté.

MIGUEL DE CERVANTES
Don Quijote de la Mancha.
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25 de septiembre de 2013

Qui a volé 7 millisecondes à la FED, la banque centrale américaine ?

Pascal Riché | Cofondateur Rue89


Un trader à la Bourse de New York, le 18 septembre 2013 (Richard Drew/AP/SIPA)

Il y a une semaine, mercredi 18 septembre, depuis ses bureaux fédéraux de Washington DC, à 14 heures précises, la Réserve fédérale américaine (FED) a annoncé que pour ne pas freiner la croissance américaine, elle ne réduirait pas ses programmes d’achat d’obligations (acheter des obligations, c’est donner en échange à l’économie des liquidités).
La nouvelle a surpris. Sept millisecondes après, elle atteignait les salles de trading des marchés des matières premières de Chicago, entraînant l’excitation du marché : hausse brutale des actions, des obligations, de l’or...
Normalement, personne ne peut voir cette information pendant ces sept millisecondes. C’est juste le temps, pour le communiqué de la FED numérisé, de voyager par fibre optique à une vitesse proche de celle de la lumière, de Washington à Chicago, à 950 km de là...

Une info qui vaut des millions de dollars

Mais ce mercredi-là, il s’est passé une chose étrange : des mouvements sur le marché à terme de l’or ont commencé à être constatés après 2 millièmes de secondes. Des traders, manifestement, avaient l’information avant les autres. Et sur ce genre de marchés, cela vaut des millions de dollars. C’est CNBC qui a révélé l’affaire, sans donner l’explication à ce mystère. Selon CNBC, qui cite le cabinet d’études Nanex, ce sont 600 millions d’actifs qui pourraient avoir été échangés pendant ces quelques millisecondes.
Deux solutions à cette énigme :
  • soit un trader a eu un nez incroyable, un magnifique coup de bol ;
  • soit des gens ont organisé un délit d’initié « millimétré ».
« Quelqu’un a volé 7 millisecondes à la FED », titre Mother Jones. Une enquête est en cours. Sur la liste des suspects possibles, il y a les cadres de la FED impliqués dans le processus de décision. Il y a aussi les journalistes accrédités à la FED : selon la procédure habituelle, on leur a fourni le communiqué quelques minutes à l’avance. Ils ont dû le lire dans une pièce sécurisée fermée à clé et ont eu interdiction de le communiquer à l’extérieur avant 14 heures précises.

« Cluedo » du XXIe siècle

Techniquement, un tel délit d’initié serait une prouesse impressionnante. Sur Reddit, la grande plateforme de débat, la discussion fait rage. Seule hypothèse exclue : le communiqué de la FED n’a pas battu la vitesse de la lumière.
Au-delà du côté « Cluedo » du XXIe siècle, cette affaire vient rappeler combien le système financier actuel marche sur la tête. Un être humain n’a pas pu exploiter seul ces sept millisecondes : seul un robot, programmé à l’avance, a pu le faire.
Quel est l’apport à la société du « trading à haute fréquence » qui prend une importance considérable dans les investissements des banques (sans parler du gâchis que représentent tous les cerveaux enrôlés pour concevoir ces systèmes et les faire fonctionner) ? C’est l’autre mystère sur lequel il faudrait se pencher. A quand une (vraie) taxe Tobin globale sur les transactions financières pour jeter une fois pour toute du sable dans ces rouages fous ?